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L’allaitement d’un enfant plus âgé est rare mais n’est pas un mal

Cet article est ma traduction d’une publication du journal Daily Mail du 1er Août 2016, rédigée par Amy Brown.

 

Les articles de journaux parlant d’allaitement au delà de 2 ans n’ayant pas pour objectif de défrayer la chronique sont suffisamment rares pour être mentionnés, surtout lorsqu’ils sont plutôt bien documentés et écrits avec une pointe d’humour. Bonne lecture 😉

 

« L’allaitement maternel des enfants plus âgés est rare, mais ne fait pas de mal »: l’experte affirme que l’allaitement des enfants jusqu’à six ans peut être bénéfique pour leur santé.
Amy Brown est professeure agrégée de psychologie à l’Université de Swansea.

  • Le lait maternel augmente ses propriétés immunitaires après la première année
  • Plus une mère allaite, plus son risque de cancer du sein est faible
  • Une étude récente a révélé que moins d’un tiers des bébés sont allaités au sein au cours des six derniers mois

Le sujet de l’allaitement maternel peut être un véritable terrain miné et il semble que ce processus naturel soit régulièrement présent dans la presse.
Des femmes qui sont invitées à se couvrir pour allaiter ou à quitter les lieux publics, à d’autres qui se sentent méprisées par certains si elles n’allaitent pas.
De temps en temps, un article sur une femme qui allaite son enfant plus âgé, jusqu’à l’âge de cinq ou six ans, provoque un tollé.
Les parents, les experts et d’autres débattent si la pratique est «saine» pour l’enfant.
Mais pourquoi? L’allaitement maternel a-t-il augmenté le risque de maladie d’un enfant? Non. Est-ce que cela peut nuire à l’enfant d’une manière ou d’une autre? Est-ce que cela cause du tort à d’autres? Encore une fois, non.

 

En réalité, c’est l’inverse, et l’Organisation mondiale de la santé recommande que l’allaitement se poursuive jusqu’à deux ans et au-delà.
En outre, l’American Academy of Pediatraics a déclaré: « Il n’y a pas de limite supérieure à la durée de l’allaitement et aucune preuve de préjudice psychologique ou du développement qui pourrait être lié à l’allaitement maternel dans la troisième année de vie ou plus. »
Ces déclarations ont d’une bonne raison d’être.
Bien que les occidentaux ne soient pas habitués à voir des enfants allaités, cela ne signifie pas que cela ne soit pas biologiquement normal.
Beaucoup de sociétés non occidentales ont une durée médiane d’allaitement d’environ trois ans et plus.

Les études comparant le moment auquel les primates non humains arrêtent l’allaitement suggèrent que c’est autour de l’apparition des premières dents permanentes – c’est à dire cinq à six ans chez les enfants humains.
Les normes biologiques ont tendance à avoir des avantages pour la santé, également , et l’allaitement ne fait pas exception.
Une pinte de lait maternel (soit environ 1/2 L) au cours de la deuxième année ou au-delà fournira 94 % de la vitamine B12, 75 % de la vitamine A et 60 % de l’apport recommandé en vitamine C.
Gratuitement. Ce qui est réellement intéressant lorsque votre tout-petit regarde quoi que ce soit de nutritionnellement intéressant avec une grande suspicion.
Les propriétés de défense immunitaire du lait maternel augmentent après la première année, ce qui signifie des enfants moins malades.
Et plus une mère allaite, plus son risque de cancer du sein diminue.
En plus des avantages sur la santé, la recherche suggère que l’allaitement maternel plus long peut augmenter les performances scolaires d’un enfant et peut même soutenir son développement émotionnel et social.

 


Communication et réconfort

Que du positif, n’est-ce pas ? Apparemment non. Un tour rapide sur Internet nous dit que le grand public n’est pas vraiment emballé par le concept de l’allaitement maternel prolongé.
Mais étant donné que ce n’est pas eux qui le font, pourquoi y sont-ils si défavorables?
Tout se résume à la façon dont l’Occident considère l’allaitement. Les gens ne sont même pas habitués à voir de tout-petits bébés allaités, alors l’allaitement d’enfants plus âgés est un véritable choc pour certains.
Une étude récente a montré que le Royaume-Uni a le plus bas taux d’allaitement maternel dans le monde.
Moins d’un tiers des bébés sont allaités après six mois (moins d’un sur 4 en France, source), avec seulement un bébé sur 200 allaité au-delà de son premier anniversaire (9% en France).
Le biberon de lait en poudre est devenu l’image par défaut que beaucoup ont en tête lorsqu’ils pensent à des bébés âgés de quelques semaines.
Les raisons en sont complexes et combinent des facteurs biologiques, sociaux et psychologiques. Cependant, un facteur important est que les sociétés occidentales tendent à ne pas soutenir l’allaitement maternel.
Cette non-acceptation est un problème majeur parce que pour avoir les meilleures chances d’allaiter avec succès, une mère doit être dans un environnement qui est favorable et protecteur envers l’allaitement maternel.
Cependant, beaucoup de nouvelles mères ne reçoivent pas le soutien dont elles ont besoin de ceux qui les entourent, qui croient que l’allaitement maternel n’est pas important, ou que tous les problèmes seraient résolus avec un biberon.

 


 

Les seins sont devenus hyper sexualisés

Certaines femmes témoignent d’attitudes négatives de la part d’étrangers si elles allaitent en public – un droit qui, soit dit en passant, est protégé par la loi.
Les commentaires sur l’allaitement d’ordre sexuel, taxé d’exhibitionniste ou humoristique sont fréquents.
Les seins sont devenus tellement hyper-sexués par les médias que certaines personnes peu imaginatives font l’hypothèse que tout ce qui a trait à eux est de nature sexuelle.
Ce que cela signifie, c’est que moins de femmes continuent à allaiter, et moins encore le font visiblement, donc très peu d’entre nous voyons une mère allaiter son enfant.
La combinaison de tout cela contribue à l’indignation mal informée entourant l’allaitement maternel des enfants plus âgés : aux yeux de ces personnes, l’allaitement maternel est rare et réservé aux nouveaux-nés ; en bref, seins = sexe.
Combinez cela avec un enfant «plus âgé» qui peut manger des aliments solides et malgré tout demander à téter et cela devient mal n’est-ce pas ?
Et bien non. Même les plus petits bébés demandent du lait, mais pas verbalement.
Et d’ailleurs, l’allaitement maternel n’est pas seulement une question de nutrition – il s’agit aussi de communication et de réconfort.
Pensez-y : la plupart des gens ne sourcillent pas lorsque les tout-petits prennent le biberon, une peluche ou un doudou.
D’un point de vue biologique, les enfants ont besoin de réconfort et, finalement, que la société l’admette ou non, ces objets de réconfort sont des substituts du sein maternel.
L’allaitement « prolongé » peut ne pas être notre norme culturelle, mais cela ne l’empêche pas d’être la norme biologique.
Il améliore la santé, le développement et le bien-être ; il n’est en aucune façon un sujet qui pourrait être la cause de critiques, de négativité ou de ridicule pour les mères.

Posted on: 14 décembre 2016, by : aclecoeuvre